février 16

Voyages avec ma tante - ****


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mise en scène :

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horaires : jusqu'au 31/03/2019, selon les dates 17h30, 18h, 19h

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Merveilleux Claude Aufaure dans une fantaisiste et drôle mise en scène de Nicolas Briançon : http://in-theatro-veritas.net/2016/01/voyages-avec-ma-tante/

Henry Pulling, vieux garçon, employé de banque à la retraite, amateur de poésie lyrique et de dahlias, mène une vie tranquille.

Quand tante Augusta, 70 ans, excentrique, charmante et volage surgit à l’enterrement de sa mère… elle entraine Henry dans un tourbillon d’aventures internationales exotiques et romanesques !

février 15

Kanata – Épisode I – La Controverse - ***


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mise en scène :

lieu :

horaires : Du 15 décembre 2018 au 31 mars 2019

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Valse d’une riche scénographie, comme toujours au Théâtre du Soleil, et comédiens excellents. Questionnement sur la légitimité de l’artiste à vouloir, par son art, informer le monde sur les malheurs des hommes, des minorités, les violences faites aux femmes, les injustices… Questionnement sur le droit de regard, sur l’appropriation culturelle. Questionnement sur la liberté et sur la vie…

C’est la première fois, en cinquante-quatre ans de son histoire, qu’Ariane Mnouchkine confie la troupe du Théâtre du Soleil à un metteur en scène invité – le Canadien Robert Lepage. La pièce imaginée par ce dernier assemble les fragments d’une vaste épopée retraçant deux-cents ans d’histoire de son pays — « kanata » est le mot iroquoien, signifant « village », qui a donné son nom au Canada — et scelle la rencontre, par comédiens interposés, entre deux géants de la mise en scène qui sont avant tout deux humanistes, convaincus que l’artiste doit être le témoin de son temps.

Le spectacle

Ottawa
Un tableau. Mystérieux et magnifique. Une Indienne. Du Canada. Une Autochtone. Un regard splendide, attirant, irrésistible. Une impératrice. Elle a un nom : Josephte Ourné. Le peintre aussi en a un. Joseph Légaré.Un autre tableau de ce même Légaré : Paysage avec un orateur s’adressant aux Indiens. Cet orateur, on nous dit que c’est Edmund Kean, l’acteur, le théâtre même, tout de noir vêtu, comme un pasteur. Que fait-il là ? Devant un petit groupe de Hurons qui l’écoutent ? Colonise-t-il ? Prêche-t-il ? Récite-t-il du Shakespeare ? Envahisseur ? Bonimenteur ? Ou acteur ?Est-il, ce qu’il est, un sacré coureur de jupons, qu’un public pudibond et hypocrite chasse un jour de sa seule patrie, la scène, et force à l’exil. Il ira, de huées en huées, et cela c’est vrai, tout comme le reste d’ailleurs, jusqu’au Canada, et au Canada jusqu’au Québec, et au Québec, toujours poursuivi par ses déboires féminins, jusqu’aux Hurons. Qui vont l’aimer, lui accorder le titre honorifique de chef et même lui offrir un nom : Alanienouidet. Ce qui voulait dire à peu près Flocons de neige tourbillonnant dans une rafale de vent et se voulait une description de son style de jeu.Leyla Farrokhzad, la conservatrice du Musée, et Jacques Pelletier, commissaire de celui du Quai Branly, nous ont appris tout cela et, quoiqu’ils en pensent, n’en ont pas fini avec les portraits et les péripéties.

Colombie Britannique

Une forêt splendide et sereine. Une maison longue. Entrent des bûcherons. Hurlements des tronçonneuses.

Vancouver

Un quartier « populaire et sympathique », pensent Miranda et Ferdinand, une jeune artiste peintre et son compagnon, un jeune acteur plein d’enthousiasme, qui viennent d’emménager dans le loft de leur rêve, loué à prix d’or à une tenancière chinoise.Où l’on fait connaissance du dit quartier. Le centre d’injections. Rosa, la travailleuse sociale, Tanya, l’héroïnomane. Le poste de police. Des femmes disparaissent. Autochtones, toutes. Environs de VancouverUne porcherie. Un homme boit sa bière. Cris de ses cochons. Ils mangent. Vancouver et la suiteLe théâtre dira comment mais sachons seulement que Tanya et Miranda se sont rencontrées et que cette dernière se sent des responsabilités. Sachons aussi que Tanya est une enfant adoptée et qu’elle parle persan avec sa mère adoptive. Le monde est petit, décidément. Et le serial killer tout proche. Et puis Tobie qui tente de faire un documentaire sur ce quartier « si populaire et si sympathique ». Le théâtre dira comment. Et la controverse.

La controverse

Après avoir, comme ils l’avaient annoncé dans leur communiqué du 27 juillet, pris le temps de réfléchir, d’analyser, d’interroger et de s’interroger, Ariane Mnouchkine et le Théâtre du Soleil sont finalement arrivés à la conclusion que Kanata, le spectacle en cours de répétition, ne violait ni la loi du 29 juillet 1881 ni celle du 13 juillet 1990 ni les articles du Code pénal qui en découlent, en cela qu’il n’appelle ni à la haine, ni au sexisme, ni au racisme ni à l’antisémitisme ; qu’il ne fait l’apologie d’aucun crime de guerre ni ne conteste aucun crime contre l’humanité ; qu’il ne contient aucune expression outrageante, ni terme de mépris ni invective envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, ou une religion déterminée.

Ne s’estimant assujetti qu’aux seules lois de la République votées par les représentants élus du peuple français et n’ayant pas, en l’occurrence, de raison de contester ces lois ou de revendiquer leur modification, n’étant donc pas obligé juridiquement ni surtout moralement de se soumettre à d’autres injonctions, même sincères, et encore moins de céder aux tentatives d’intimidation idéologique en forme d’articles culpabilisants, ou d’imprécations accusatrices, le plus souvent anonymes, sur les réseaux sociaux, le Théâtre du Soleil a décidé, en accord avec Robert Lepage, de poursuivre avec lui la création de leur spectacle et de le présenter au public aux dates prévues, sous le titre Kanata – Épisode I — La Controverse.

Une fois le spectacle visible et jugeable, libre alors à ses détracteurs de le critiquer âprement et d’appeler à la sanction suprême, c’est-à-dire à la désertification de la salle. Tous les artistes savent qu’ils sont faillibles et que leurs insuffisances artistiques seront toujours sévèrement notées. Ils l’acceptent depuis des millénaires.

Mais après un déluge de procès d’intention tous plus insultants les uns que les autres, ils ne peuvent ni ne doivent accepter de se plier au verdict d’un jury multitudineux et autoproclamé qui, refusant obstinément d’examiner la seule et unique pièce à conviction qui compte c’est-à-dire l’oeuvre elle-même, la déclare nocive, culturellement blasphématoire, dépossédante, captieuse, vandalisante, vorace, politiquement pathologique, avant même qu’elle soit née.

Cela dit, et sans renoncer à la liberté de création, principe inaliénable, le Théâtre du Soleil s’emploiera sans relâche à tenter de tisser les liens indispensables de la confiance et de l’estime réciproques avec les représentants des artistes autochtones, d’où qu’ils soient, déjà rencontrés ou pas encore. Artistes à qui nous adressons ici notre plus respectueux et espérant salut.

Le Théâtre du Soleil, 5 septembre 2018.

février 13

Sami Frey dans Premier Amour de Samuel Beckett - ****


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horaires : jusqu'au 03/03/2019, 11h ou 19h

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Extraordinaire Sami Frey. Il incarne, du haut de sa taille et de ses 80 printemps, avec une justesse rare et une diction illustre, le personnage, aussi allucinant qu’alluciné, pommé, sorte de clochard philosophe, détaché de la vie, de Premier Amour. Une merveille du grand Samuel Beckett !

Premier amour est une des premières nouvelles de Beckett.

Publiés en 1945, ce texte nous met face à un homme occupé à faire le bilan de sa vie : décès du père, départ de la maison et rencontres, entre autres. Et comme souvent chez Beckett, le drame se mélange souvent à l’absurde, et les sentiments oscillent entre joie et tristesse, toujours dans une très belle simplicité. Un récit d’une pathétique drôlerie, d’une naïveté et d’un égoïsme rafraîchissant. “J’ai découvert tard dans ma vie à quel point les écrits de Samuel Beckett me touchaient. A quel point la profonde humanité de ses personnages, le rythme de ses phrases, la musicalité de son français, son humour terrible, sa poésie, m’étaient proches sans effort.” – Sami Frey – 2009

février 11

Les analphabètes - ****


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horaires : jusqu'au 24/02/2019, 15h30 ou 20h

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Bergman a fait Scènes de la vie conjugale pour signifier aux critiques qu’on peut bien exprimer les mêmes idées à travers le Septième Sceau, forme cinématographique énigmatique et intellectuelle, qu’à travers quelque chose qui ressemble plus à un télé film.

Car la vie est plus complexe que les apparences et inversement, et si, à l’école, on nous apprend à compter et lire, on ne nous apprend pas à gérer nos sentiments comme dit l’un des personnages.

Servie par deux excellents comédiens et un musiciens, assurant une ambiance en rapport à l’humeur des personnages, on assiste en un éclair à une version réécrite de trois courtes heures ! A ne pas manquer !

Librement inspiré de scène de la vie conjugale de Ingmar Bergman.

Après un premier spectacle, Demain tout sera fini, puisant à la source tumultueuse de Dostoïevski avec son roman Le Joueur, les deux artistes s’inspirent ici du scénario de Scènes de la vie conjugale, film réalisé en 1973 par le cinéaste suédois Ingmar Bergman, chef d’oeuvre doux-amer, drame ordinaire et bouleversant de l’amour qui dure puis qui s’efface.
Pour cette reprise, ils ont invité un musicien : Thibault Perriard, batteur, familier des plateaux de théâtre, compagnon de route de Samuel Achache et Jeanne Candel. Trois acteurs donc, pour un spectacle qui s’écrit oralement et corporellement au ” soir le soir “. Il y a dans cette proposition une exigence, une intensité, quelque chose qui semble brûler sous vos yeux : la force du théâtre dans l’instant présent.
Gina Calinoiu, actrice roumaine issue de la troupe du Théâtre national Marin Sorescu de Craiova et aujourd’hui membre de l’ensemble du Théâtre national de Dresde en Allemagne, et Lionel González, acteur et metteur en scène proche de Sylvain Creuzevault, Jeanne Candel et Adrien Béal, se sont rencontrés lors d’un laboratoire avec le maître russe Anatoli Vassiliev. C’est à l’issue de ce travail de longue haleine qu’ils fondent leur compagnie, Le Balagan’ retrouvé. Leur credo : partir de rien, de la vie comme elle est, ici et maintenant, et convoquer la fiction pour que, petit à petit, elle s’incarne, elle existe. L’écriture est donc collective et se construit au plateau, mais elle se nourrit de textes de grands auteurs. Non pas des mots laissés sur le papier, mais de l’invisible, de la richesse du caché. Calinoiu et González assument avec humour leur statut de pilleurs des sous-sols de génies.

janvier 27

La Presqu’île de Julien Gracq - *****


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horaires : du 30/01/2019 au 01/05/2019, à 19h45

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Eric Chartier, metteur en voix, voix claire et limpide, metteur en espace, espace infini de la littérature !

À travers cette presqu’île, Julien Gracq vous fait voyager avec son langage poétique flamboyant.

Dans cette fin de saison de l’année 1955, Simon, probablement écrivain, dans l’attente de l’arrivée de sa jeune maîtresse, Irmgarde, fervente admiratrice de son oeuvre, prévue au train de 20h, s’affère aux préparatifs de ce séjour en amoureux, sur la Presqu’île de Guérande, il retrouve cet univers d’enfance balnéaire, cher Jacques Tati. Réserver une chambre, sur la mer, acheter des fleurs, se reposer tout en songeant à à leurs ébats si proches et il est temps de repartir vers la gare. Il traverse les marais salants, s’arrête à Guérande, puis dans la Brière. A mesure que le temps passe, l’angoisse sourde monte lentement en lui. Il tourne autour de la gare quelques minutes, et, lorsque le train arrive, la barrière est déjà fermée, il ne sera pas sur le quai pour l’accueillir. Un roman de l’attente dans lequel le grand écrivain nous entraîne dans un univers magique où la Nature et la femme ici, toute deux “Presqu’île” dans leur expression poétique, tiennent la première place.

janvier 23

Les deux frères et les lions - ****


Il y a de la Cantatrice Chauve, il y a une histoire vraie, il y a un paradis fiscal régi par du droit Normand, il y a une réflexion sur l’ascension sociale dans ce conte truffé d’humour et mené tambour battant par deux excellents comédiens. Une merveille !

L’irrésistible ascension de deux immigrés écossais.

Ce conte dresse le portrait de deux frères jumeaux issus d’un milieu pauvre qui vont devenir à la fin du XXe siècle l’une des plus grosses fortunes de Grande-Bretagne. À travers leurs parcours d’autodidactes, c’est une histoire du capitalisme qui se raconte sous nos yeux. C’est aussi le destin exceptionnel de deux gamins stigmatisés qui deviennent des monstres froids et égoïstes au coeur de nos sociétés démocratiques.

janvier 18

Le sourire au pied de l’échelle avec Denis Lavant - ****


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horaires : jusqu'au 17/02/2019, 17h30 ou 19h

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Pas encore vu, mais en deux mots, Denis Lavant, un génie du monologue !

L’auteur y brosse le portrait d’un clown à la recherche de lui-même, pris dans ses propres contradictions.

” Le Sourire au pied de l’échelle est l’un des textes préférés d’Henry Miller. Œuvre atypique, loin du style connu de Tropique du Cancer, l’auteur y brosse le portrait d’un clown à la recherche de lui-même, pris dans ses propres contradictions. Au-delà de l’émotion liée à l’imaginaire du cirque, c’est la recherche du sens de la vie qui nous est proposée. Auguste, être solaire, nous raconte ses aventures en piste mais aussi ses errances entre deux cirques. C’est au pied d’une échelle menant vers l’infini qu’il nous offre son sourire, petit manuel de la joie, avec ce qu’elle suppose de renoncements. “

janvier 10

Charlotte - ****


Portrait émouvant d’une jeune fille juive allemande qui peignit le premier roman graphique, alors qu’elle n’avait qu’une vingtaine d’années, pour chasser ses démons : les suicides de la sœur de sa mère puis de sa mère, la montée du régime nazi et la guerre. Scénographie émaillé de peintures et de musique et comédiens justes et émouvant. A voir absolument !

Portrait d’une jeunesse assassinée

Charlotte Salomon a vingt ans en 1937. Elle tombe amoureuse pour la première fois, découvre les voyages, se passionne pour la peinture. Elle fait preuve d’une vraie capacité à se retirer du monde pour mieux l’observer. Quand les ténèbres approchent, elle tente de ne pas sombrer en créant « quelque chose de fou et singulier ». Réfugiée dans le sud de la France, elle peint en un an près de mille scènes accompagnées de textes, pour décrire ce qu’elle a vu, aimé, subi. Mais la jeune Juive est dénoncée. Avant d’être déportée à Auschwitz, elle confie son oeuvre à son médecin : « Prenez-en soin, c’est toute ma vie. »

D’après une idée du comédien Yves Heck, Muriel Coulin s’inspire de la vie de Charlotte Salomon, de ses textes, peintures et ébauches, et du roman Charlotte de David Foenkinos, prix Renaudot et Goncourt des lycéens 2014. Sur scène, les dessins esquissés, la menace qui plane, la fin des libertés. Muriel Coulin interroge aussi le processus de la création. « Quels moments garde-t-on quand on dessine sa vie ? » Documentariste et réalisatrice de portraits de femmes, dont 17 filles ou Voir du pays, coréalisés avec sa soeur Delphine et primés au Festival de Cannes, Muriel Coulin associe archives, témoignages, documents et dialogues pour faire le portrait vivant d’une jeunesse assassinée.

janvier 3

Novecento avec André Dussolier - ****


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horaires : jusqu'au 10/02/2019, selon les dates 16h, 20h, 20h30

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Une histoire magnifique, un très bon contexte musical, un conteur génial, André Dussolier pour une plongée dans l’imaginaire !

Novecento naît en 1900 sur un paquebot, il devient le plus grand pianiste du monde, mais jamais il ne mettra un pied à terre.

André Dussollier donne vie à ce conte avec virtuosité, espièglerie, chaleur et génie accompagné par un quatuor de jazz, il tangue, virevolte et embarque les spectateurs dans la fantastique histoire de Novecento ! Novecento naît en 1920 sur un paquebot. Abandonné sur un piano il est élevé par l’équipage et ne connaît pas d’autre univers que la mer. Il joue au piano tous les airs qu’il entend, il enthousiasme les foules, fascine, intrigue. Il est un phénomène pour tous ceux qui l’écoutent ! Il devient le plus grand pianiste au monde, on l’incite à descendre mais jamais il ne mettra un pied sur la terre : un clavier trop grand pour lui…

décembre 5

Liberté ! Avec un point d’exclamation - ****


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mise en scène :

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horaires : jusqu'au 05/01/2019, selon les dates 15h, 19h, , Théâtre portail sud (28)

avec :

Gauthier Fourcade est un humoriste céleste. Un héritier de Devos. Il n’est pas un succédané, il a le succès d’années. Il manie les mots pour plier les maux du monde, de rire. Humour homophonique parfait, par faits et gestes. Humour en finesse sur la finance. Humour philosophique de la liberté du choix qui lui échoit. Théories dont on rit. Marionnettes honnêtes. Humour à fleur de peau…de poésie !

C’est l’histoire d’un homme qui choisit de ne plus choisir et qui du coup ne fait rien.

Réflexion abracadabrantesque sur ce qu’est la liberté, il y est question de multinationales et de religions, mais aussi d’amour, de moulins à parole produisant de l’électricité, de voitures dont le volant ne peut tourner qu’à droite, et de Romains ayant l’embarras du choix pour aller à Rome.