décembre 5

Liberté ! Avec un point d’exclamation - ****


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mise en scène :

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horaires : jusqu'au 05/01/2019, selon les dates 15h, 19h, , Théâtre portail sud (28)

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Gauthier Fourcade est un humoriste céleste. Un héritier de Devos. Il n’est pas un succédané, il a le succès d’années. Il manie les mots pour plier les maux du monde, de rire. Humour homophonique parfait, par faits et gestes. Humour en finesse sur la finance. Humour philosophique de la liberté du choix qui lui échoit. Théories dont on rit. Marionnettes honnêtes. Humour à fleur de peau…de poésie !

C’est l’histoire d’un homme qui choisit de ne plus choisir et qui du coup ne fait rien.

Réflexion abracadabrantesque sur ce qu’est la liberté, il y est question de multinationales et de religions, mais aussi d’amour, de moulins à parole produisant de l’électricité, de voitures dont le volant ne peut tourner qu’à droite, et de Romains ayant l’embarras du choix pour aller à Rome.

décembre 3

Un instant - ****


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lieu : ,

horaires : jusqu'au 08/12/2018, à 20h

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Un instant. L’instant où resurgit le souvenir. L’instant involontaire où un objet convoque, dans la grande bibliothèque de la mémoire, le souvenir d’un passé lointain tel un livre que l’on a cherché en vain. Instant où la réalité de la mort prend forme, où les disparus revivent dans les souvenirs. Le monde qui nous entoure est virtuel, constitué de notre seule perception.
« Bouleversement de toute ma personne. Dès la première nuit, comme je souffrais d’une crise de fatigue cardiaque, tâchant de dompter ma souffrance, je me baissai avec lenteur et prudence pour me déchausser. Mais à peine eus-je touché le premier bouton de ma bottine, ma poitrine s’enfla, remplie d’une présence inconnue, divine, des sanglots me secouèrent, des larmes ruisselèrent de mes yeux. […] Je venais d’apercevoir, dans ma mémoire, penché sur ma fatigue, le visage tendre, préoccupé et déçu de ma grand-mère, telle qu’elle avait été ce premier soir d’arrivée, le visage de ma grand-mère, non pas de celle que je m’étais étonné et reproché de si peu regretter et qui n’avait d’elle que le nom, mais de ma grand-mère véritable dont, pour la première fois depuis les Champs-Élysées où elle avait eu son attaque, je retrouvais dans un souvenir involontaire et complet la réalité vivante. Cette réalité n’existe pas pour nous tant qu’elle n’a pas été recréée par notre pensée [..] ; et ainsi, dans un désir fou de me précipiter dans ses bras, ce n’était qu’à l’instant […] que je venais d’apprendre qu’elle était morte. »
Sur la scène, des chaises en bois paillées, entassées, rangées, retournées, comme autant de disparus qui ne s’assiéront plus jamais dessus si ce n’est par l’évocation du souvenir. Angoisse de la séparation.
Sur la scène une chambre en hauteur, théâtre des souvenirs d’enfance du narrateur, et où l’écrivain s’enfermera plus tard.
« J’aurais voulu faire constater aux sceptiques que la mort est vraiment une maladie dont on revient. »
Souvenirs d’enfance d’une vieille dame, immigrée du Vietnam, qui arrive en France dans une famille d’accueil. Souvenirs intactes qu’on croyait disparus, qu’un jeune homme vient tirer, au cours de promenades, d’un esprit déclinant. Elle raconte son arrivée en France, sa grand-mère, le goût des plats Vietnamiens… Leur dialogue est peuplé de citations de Proust telles une parole universelle sur la mémoire, l’enfance, l’apparence ou le deuil. Impressionnant parallèle.

Le duo entre Hélène Patarot, complice de Peter Brook, et Camille de La Guillonnière, acteur fétiche de Jean Bellorini, recèle de belles promesses.
D’après À la recherche du temps perdu de Marcel Proust. Écrit entre 1906 et 1922, À la recherche du temps perdu est un récit-fleuve de souvenirs, de l’enfance à l’âge adulte du narrateur, et, en filigrane, une intense réflexion sur la vie. Oeuvre sur la mémoire et le temps, portée par un style unique – une langue ciselée, savante et pourtant limpide –, elle conjugue l’introspection minutieuse d’une conscience et d’un coeur à l’observation acérée d’une société humaine à l’orée des bouleversements du XXe siècle. Des quelque trois mille pages qui la composent, Jean Bellorini et Camille de La Guillonnière conservent les passages de l’enfance de l’auteur auprès de sa mère tant aimée et mettent en lumière la relation tendre et profonde avec la grand-mère, jusqu’à la mort de cette dernière.

novembre 29

Mozart Group - ****


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horaires : jusqu'au 20/01/2019, selon les dates 15h30, 19h, , Espace albert camus (69)

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Quatres fous virtuoses, virtuosent tout ! Parfois didactiques, parfois acrobatiques, parfois poétiques, parfois anachroniques, parfois rock et tellement drôles et originaux, les musiciens clowns de ce quatuor offrent l’un des meilleurs spectacle d’humour musical qu’il m’a été donné de voir !

Après leurs triomphes au théâtre Antoine et au Trianon, le Mozart Group s’installe à Bobino pour 50 représentations !

Mozart Group a créé un spectacle unique, où la musique est source de joie et de rire. Comédiens, musiciens, instrumentistes ou humoristes, les complices de Mozart Group embarquent le public dès les premières notes, pour un concert aussi inspiré que déjanté. En conciliant l’humour à la musique classique, ce quatuor drôlement virtuose met son talent sans égal au service de nos zygomatiques et nous offre un show irrésistible. Explosion de rire non-stop garantie ! « Nous existions malgré la solennité sobre de grandes salles de concert, malgré l’ennui de la vie des musiciens classiques, malgré le fanatisme de certains amateurs de la musique classique, malgré les fans de rock, de rap ou de la pop que la musique classique effraie. Nous traitons notre musique avec un humour ironique et nous sommes sûrs qu’elle n’aura rien contre cela ! » Mozart Group

novembre 27

Une Actrice avec Judith Magre - ****


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horaires : jusqu'au 17/12/2018, à 21h

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Souvenirs de carrière d’une grande actrice de 90 printemps mis en poésie par un auteur de talent. Évocation d’un passé peuplé d’ami célèbres et de vie nocturne, tout en discrétion. Une interview pétillante !

Un écrivain rencontre une actrice. Il veut écrire un livre sur elle.

Elle s’y oppose. Il veut la faire parler, les gens qu’elle a connus, son travail, sa carrière. Mais elle refuse, elle veut vivre au présent, ici et maintenant. Philippe Minyana s’appuie sur ses rencontres avec Judith Magre et ses récits, ses rendez-vous avec Aragon, Sartre et Beauvoir, Céline et Giacometti. Il s’appuie sur son amitié et leur passé commun prend vie dans un échange incisif et tranché, mordant et drôle, que ponctuent quelques chansons.

novembre 25

Et pendant ce temps, Simone veille ! Le nouveau - ****


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horaires : jusqu'au 05/05/2019, 19h ou 21h

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Le poète a toujours raison

Et le futur est son royaume

Je déclare avec Aragon

La femme est l’avenir de l’homme

disait Jean Ferrat.

Eh bien, l’homme a mis du temps à s’en apercevoir, on dirait, s’il s’en est encore seulement aperçu, depuis quelques courtes années. Voilà ce que l’on apprend/ré apprend à travers ce spectacle drôle, instructif, agréablement féministe et décalé mené par cinq Simone survitaminées !

Quatre générations de femmes se succèdent dans ce voyage dans le temps qui s’étend de la lutte pour l’avortement à la procréation médicalement assistée.

Ponctué par les interventions d’une fantasque et grinçante Simone qui veille à nous rappeler les dates importantes, nous (re)découvrons cette quête d’une égalité hommes / femmes qui s’est faite à force de combats, de désirs et de doutes. 60 ans de féminisme revisité avec beaucoup humour !

novembre 15

L’Homme de Schrödinger - **


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horaires : jusqu'au 05/01/2019, selon les dates 15h, 19h, 19h30, 20h, 20h30, 20h45

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Comme pour le chat de Schrödinger, on ne saura si le spectateur est ravi qu’une fois l’expérience théâtrale achevée, pourrait-on dire. Une pseudo conférence scientifique, des chansons, de l’humour, un hommage à quelques joyeux fous voulant mettre l’esprit en équation, un divertissement quantique en somme !

L’histoire presque vraie d’un homme qui choisit de s’enfermer dans une pièce dont il n’a qu’une chance sur deux de sortir vivant. Et qui y séquestre sa bien-aimée…

Une histoire d’amour drôle et bouleversante, inédite et scientifique, musicale et rocambolesque, d’après l’expérience quantique du chat de Schrödinger et par les créateurs de Comédiens ! Trophée de la meilleure comédie musicale, Théâtre de la Huchette. Musiques : Raphaël Bancou

novembre 7

Monsieur Fraize - ****


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horaires : jusqu'au 21/12/2018, 19h30 ou 21h30

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Mr Fraize est à l’humour ce que le trou noir est à l’astrophysique : un phénomène inexplicable et captivant. Sorte de mime qui parle, de clown blanc habillé en rouge, de fantaisiste qui ne fait rien, il joue le quarantenaire attardé qui vit encore avec sa mère. Fainéant assumé, après une entrée en scène merveilleusement ratée, il affirme faire son métier pour pouvoir s’acheter des Granola et voue un culte aux prospectus… Un magicien du rire qu’il parle ou qu’il se taise !

Monsieur Fraize, un personnage singulier, déconcertant, arrivé sur scène comme une plaque de verglas en plein désert.

Une sorte d’énigme qui décide de se livrer au public en toute naïveté et qui dévoile un univers ultra-sensible où s’entremêlent les non-dits, le doute et la cruauté du quotidien. Il fait exister son personnage dans une forme d’humour très personnelle en prenant le risque de l’absurde, en jouant sur les silences, les peurs de son personnage, les répétitions et en privilégiant la gestuelle et les postures de son clown.

novembre 5

La nostalgie des blattes avec Catherine Hiegel - ***


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horaires : jusqu'au 01/12/2018, à 19h

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Pierre Notte est un auteur post apocalyptique. Un auteur qui croque la société par un absurde étrangement réel. Le cataclysme ou la catastrophe est arrivé ou va survenir, et pousse les personnages à parler pour survivre, à s’analyser et à réfléchir sur les travers d’une société par trop formatée.
Dans une société aseptisée où rode une brigade sanitaire et des drones de surveillance, deux vieilles sont devenues les reliques, exposées comme dans un musée, de l’ancien temps où l’on pouvait manger sucre et gras et où l’on avait pas peur des rides.
Catherine Hiegel et Tania Torrens sont simplement formidables dans ce numéro de comédiennes dans lequel la truculence fait l’humour forcément un peu noir !

Elles ont refusé les interventions chirurgicales : elles s’exposent au monde, comme rescapées dans un musée de vraies vieilles naturelles. Au final, deux sexagénaires, sous des drones, dans un futur proche, espèrent un visiteur… Deux vieilles assises, face au vide. Elles luttent, se battent et s’exposent. Concours des signes de la vieillesse : taches sur les mains, rides au front, paupières tombantes. Elles exhibent dans cette fête foraine désertée les effets du temps sans collagène, ni bistouri, ni Botox. Elles sont les seules, les ultimes vraies vieilles d’un monde où on ne mange plus ni gluten ni sucre, où des drones de surveillance traversent l’espace, où rôde une brigade sanitaire. Temps à venir : 2018 peut-être ? Deux femmes dialoguent et se livrent, assises, un combat sans merci. Elles attendent un passant, un client, un sauveur. Rien ne vient. Elles se foutent sur la gueule au moindre centimètre carré volé par l’autre. Mais elles finiront peut-être par bouger, quitter ce monde qui fait peur. Se lever, et partir. Et ensemble, victorieuses. Catherine Hiegel a eu l’idée de la pièce avec Tania Torrens : jouer deux vieilles qui refusent les interventions chirurgicales et qui s’exposent au monde. Elles s’inventent un musée de sexagénaires. Ces deux anciennes de la Comédie-Française ont sollicité Pierre Notte, auteur entre autres de « C’est Noël tant pis » ; « Sur les cendres en avant » ; « Sortir de sa mère » ; « J’existe foutez-moi la paix ». Il a écrit pour elles un duo saignant, écriture au scalpel, duel de vieilles peaux. Elles cherchent la lumière dans un monde aseptisé, sans champignons, sans moucherons, où elles finiraient même par avoir la nostalgie des blattes.

octobre 31

Laïka - ****


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horaires : Du 20/10/2018 au 04/11/2018

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Qui a inventé le « pilier de bar céleste » ? Peut-être Ascanio Celestini sous les traits de David Murgia.

Il est poétique, drôle et caustique, ce fou. Quoique. Il éclaire le monde, monde du bar et du public, sur la vie du prolétariat. Entre élucubrations et métaphores débitées avec frénésie, la dure vérité sur la condition ouvrière chemine/émerge/jaillit/surgit ? entre les lampes et les caisses de bières vides au son de l’accordéon.

Que notre volonté soit faite, pas seulement la tienne.

C’est Jésus, un pauvre diable, Karl Marx ou Zola. Il revient, il est à sa fenêtre. Il regarde et raconte le monde et ses déclassés, ses rejetés. Un SDF passé à tabac, une prostituée parmi les grévistes, une vieille qui cherche son chemin. Il invite les réfugiés et les démunis à imaginer la chienne Laïka, enfermée dans une capsule spatiale en 1957 par les Russes, envoyée vers la Lune. Aucun être vivant n’aura d’aussi près approché les étoiles. Plus loin, un accordéoniste rythme la parole et sert le péket, alcool de genièvre, produit wallon. Le public devient l’assemblée d’un bar, le narrateur appelle Che Guevara et Gandhi, rappelle que Dieu a besoin de saints pour faire des miracles. Après avoir dépeint le monde des cyniques et des puissants dans Discours à la nation, succès au Rond-Point en 2015, puis Dépaysement en 2017, le conteur italien Ascanio Celestini dresse un portrait caustique et tendre du prolétariat d’aujourd’hui. Même parole rapide, flot nerveux, rap ou slam, le poème suivi par la musique de l’accordéon prend vie parmi les cagettes de bières et quelques lampes au sol, astres ou lucioles. Sa voix se fait kalachnikov d’un torrent d’espoir. L’acteur David Murgia, belge et prodige, tend un miroir abrasif d’une humanité et de ses contradictions.

octobre 8

La loi des prodiges - ****


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horaires : jusqu'au 04/11/2018, 18h ou 20h

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François de Brauer livre un monologue que les amateurs de Philippe Caubère sauront apprécier. Plateau nu, quelques chaises et du talent d’incarnation. L’imagination du spectateur s’envole dans l’histoire d’un jeune homme qui prit l’Art et les artistes en haine, peut être faute d’en comprendre l’utilité. François de Brauer croque, avec drôlerie, la société, la politique, les artistes, la vie à travers un tourbillon épatant de personnages. Un régal !

Un petit étudiant en histoire, devenu député, se lance dans une étrange croisade : l’extinction pure et simple de l’art et des artistes…

Mais au-delà de la réforme qui porte son nom – Goutard – qu’en est-il de l’homme ? Qu’est-ce qui a pu le pousser à rêver un monde sans artiste ? Face à lui un plasticien vain et prétentieux, tout aussi radical : Régis Duflou et en filigrane, la question du destin de l’art dans notre société. Pour corser le débat, interviennent experts et autres témoins qui ont façonné ou croisé le destin du dénommé Rémi Goutard. C’est ainsi que l’on suit, de l’appartement familial au musée, du plateau de télévision à la manifestation de rue, jusqu’au bureau aseptisé d’une invraisemblable tour gouvernementale, le parcours chaotique de ce réformateur heureusement méconnu.
Un homme, seul en scène avec une chaise, anime ce monde et joue les épisodes-clés de la vie intime et politique de notre pathétique mais dangereux héros.
Voilà qui donne idée du tourbillon irrésistible dans lequel nous entraîne François de Brauer !