octobre 8

La loi des prodiges - ****


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horaires : jusqu'au 04/11/2018, 18h ou 20h

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François de Brauer livre un monologue que les amateurs de Philippe Caubère sauront apprécier. Plateau nu, quelques chaises et du talent d’incarnation. L’imagination du spectateur s’envole dans l’histoire d’un jeune homme qui prit l’Art et les artistes en haine, peut être faute d’en comprendre l’utilité. François de Brauer croque, avec drôlerie, la société, la politique, les artistes, la vie à travers un tourbillon épatant de personnages. Un régal !

Un petit étudiant en histoire, devenu député, se lance dans une étrange croisade : l’extinction pure et simple de l’art et des artistes…

Mais au-delà de la réforme qui porte son nom – Goutard – qu’en est-il de l’homme ? Qu’est-ce qui a pu le pousser à rêver un monde sans artiste ? Face à lui un plasticien vain et prétentieux, tout aussi radical : Régis Duflou et en filigrane, la question du destin de l’art dans notre société. Pour corser le débat, interviennent experts et autres témoins qui ont façonné ou croisé le destin du dénommé Rémi Goutard. C’est ainsi que l’on suit, de l’appartement familial au musée, du plateau de télévision à la manifestation de rue, jusqu’au bureau aseptisé d’une invraisemblable tour gouvernementale, le parcours chaotique de ce réformateur heureusement méconnu.
Un homme, seul en scène avec une chaise, anime ce monde et joue les épisodes-clés de la vie intime et politique de notre pathétique mais dangereux héros.
Voilà qui donne idée du tourbillon irrésistible dans lequel nous entraîne François de Brauer !

octobre 1

Scala - **


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horaires : du 11 septembre au 24 octobre 2018, 15h ou 21h

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Souvenez-vous de cet escalier tournant et des danseurs y rentrant et en sortant, comme aspirés par ce tourbillon, ou s’envolant autour, mûs par des trampolines invisibles lors du spectacle « Minuit et demi – Trois tentatives d’approches et un point de suspension » présenté l’année dernière au Théâtre de la Ville.

Ici, nous en sommes assez loin. Il y a quelques longueurs dans les répétions, et la thématique qui semble être la solitude de l’être humain dans la société n’est guère joyeuse. Petite déception.

Cette fois, l’escalier est droit, avec les trampolines de chaque côté. Dans la pénombre, le décor bleu se complète de meubles désarticulés et de quelques semblants de murs et portes où des danseurs et danseuses, habillés à l’identique, déambulent, désabusés, d’une porte à l’autre, donnant l’impression que la scène se joue à l’infini.

Viennent des scènes, qui rapidement se répètent à l’excès, où les danseurs rentrent dans le sol comme aspirés par des sables mouvants, chutent et se relèvent au gré de chaises qui se démontent ou encore descendent à l’infini l’escalier central.

Saluons la prouesse physique des danseurs et danseuses dont la grâce à chuter est l’un des principaux intérêts de la pièce !

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septembre 29

Le CV de Dieu avec Jean-François Balmer et Didier Bénureau - **


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horaires : jusqu'au 06/01/2019, 16h ou 19h

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Deux excellents comédiens, Didier Bénureau et Jean-François Balmer, jouent, voire surjouent quelques scènes peuplées de jeux de mots, dans lesquelles Dieu se justifie des imperfections du Monde et expose quelques arguments farfelus sur ses difficultés de construction. On assiste plus à une énumération de scénettes – mais n’est-ce pas un peu cela un CV – qu’à une vraie pièce à la construction ciselée (en dehors des transitions entre les jours en voix off). Peut être est-ce le fait de l’adaptation.
L’ensemble reste drôle et divertissant !

Le ciel était fini, la Terre était finie, les animaux étaient finis, l’homme était fini.

Dieu pensa qu’il était fini aussi, il sombra dans une profonde mélancolie. Il ne savait à quoi se mettre. Il fit un peu de poterie, pétrit une boule de terre, mais le coeur n’y était plus. Il n’avait plus confiance en lui, il avait perdu la foi. Dieu ne croyait plus en Dieu. Il lui fallait d’urgence de l’activité, de nouveaux projets, des gros chantiers. Il décida alors de chercher du travail et, comme tout un chacun, il rédigea son curriculum vitae et fit une lettre de motivation. Le C.V. était imposant, la lettre bien tournée, sa candidature fut immédiatement retenue. Dieu fut convoqué sur Terre, au siège d’un grand groupe, pour une semaine de tests et d’entretiens divers. D’après le roman de Jean-Louis Fournier paru aux Editions Stock en 2008.

septembre 23

Rhinocéros – la nouvelle - ***


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horaires : jusqu'au 25/03/2019, à 19h30

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Certainement l’une des pièces de Ionesco dans lequel l’absurde est le plus concret. Concret pour dénoncer le totalitarisme et la bêtise humaine. L’absurde est celui de l’homme et l’humour là pour le dénoncer. Adapté sous la forme du journal de Bérenger, chroniquant la progression de la « rhinocérite », ce monologue est prenant et l’angoisse du narrateur monte crescendo. Merveilleux numéro de comédien !

Rhinocéros est une fable où les hommes abdiquent leur humanité – Ionesco choisit l’animalité comme symbole du totalitarisme. Plus actuel que jamais.

Un jour, dans la ville, apparaît un rhinocéros. Peu à peu, on comprend que ce sont les hommes eux-mêmes qui se transforment…
Cette nouvelle à l’humour corrosif dépeint la naissance d’une terrible maladie qui nous guette tous : « La rhinocérite ». L’uniformisation. Menace que font peser tous les conformismes.

septembre 19

Françoise par Sagan - ***


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horaires : jusqu'au 10/11/2018, selon les dates 19h, , Espace andré malraux (95), Théâtre de saint maur - salle rabelais (94)

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“La culture est ce qui reste quand on ne sait rien faire.”

Sagan se raconte sans prétention, avec une drôlerie presque naïve et une tendresse désespérée pour l’âme humaine.

“Mon passe-temps favori, c’est laisser passer le temps, avoir du temps, prendre son temps, perdre son temps, vivre à contretemps.”

Composé d’extraits d’interviews, ce monologue prenant se relève un très juste assemblage d’anecdotes sur sa vie et de pensées sur la vie, l’argent, l’amour, la célébrité, la paresse, la société… Et l’angoisse ultime de la mort.

“Si tout était à recommencer, je recommencerais bien sûr, en évitant quelques broutilles : les accidents de voiture, les séjours à l’hôpital, les chagrins d’amour. Mais je ne renie rien.”

Et Caroline Loeb, superbement mimétique, fait revivre cette grande écrivaine. A voir !

Caroline Loeb se glisse dans les mots Sagan, l’insoumise, et s’approprie sa parole libre.

À partir des textes des interviews de Françoise Sagan, Je ne renie rien (éd Stock), Caroline Loeb tisse un monologue dans lequel l’auteure de Bonjour Tristesse se révèle avec toute sa tendresse, son intelligence féroce, et son humour subtil. Émouvante, drôle, lucide et implacable, Sagan nous parle de son amour absolu pour la littérature, de la fragilité des hommes, de l’importance du désir, de son dédain pour l’argent, de sa passion pour le jeu, et de la mort en embuscade. Accompagnée par Alex Lutz qui la met en scène, la comédienne incarne de manière étonnante cette passionnée de la vie, toujours sur le fil du rasoir.

septembre 13

L’angoisse du roi Salomon - ****


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horaires : jusqu'au 21/10/2018, 16h ou 19h

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Quand on lit Émile Ajar, un sourire se cache souvent derrière le point. Un sourire malicieux et tendre sorti d’un trait d’esprit ou d’un trait d’humour sur la vie. Un sourire de philosophe désabusé peut-être. Le sourire de celui qui croque la vie au risque de se mordre lui-même.

Calme et posé, en imperméable, Bruno Abraham Kremer nous transporte d’un personnage à un autre d’une intonation ou d’un changement de posture. Un conteur simplement magistral !

Après la vie de Tchekhov, la vie de Jankélévitch et la vie de Gary, découvrez les aventures d’un chauffeur de taxi autodidacte et bibliophile et de son patron qui rêve de guérir (à coup de bouquets et chocolats) l’une des misères du monde : la solitude !

Après le succès de La Promesse de l’aube, Bruno Abraham-Kremer vous embarque dans un nouveau voyage initiatique et humoristique, un mélo jubilatoire !

Dans la langue gouailleuse et malicieuse de Gary (Ajar), Jean, taxi au grand coeur, nous raconte 25 ans après, sa rencontre miraculeuse avec Monsieur Salomon, le Roi du pantalon. Il nous entraîne sur les trottoirs d’un Paris populaire, de la rue du Sentier aux Champs-Elysées, dans sa course folle pour rattraper le temps perdu entre le vieux Salomon et Cora, une ancienne chanteuse réaliste.

septembre 7

Helsingør - ***


Dans un dédale de pièces, séparées par des rideaux, Hamlet vit. Vous êtes dans Helsingør. L’intrigue se joue devant vous, autours de vous. Vous êtes libre de vous déplacer et de découvrir une scène ou de suivre un personnage. La mise en scène s’habille du publique. Comme une sorte d’escape game, une expérience épatante !

Helsingør – château d’Hamlet est une adaptation en théâtre immersif de la pièce de Shakespeare. Une expérience insolite de la folie et de la peur, aux multiples points de vue, qui entraîne chaque spectateur dans une tragédie esthétique et métaphysique

septembre 4

Et si on ne se mentait plus ? - ****


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horaires : jusqu'au 11/11/2018, 15h ou 18h30

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Quoi de plus drôle et réjouissant que la camaraderie d’écrivains et hommes de théâtres de la Belle Époque quand elle regroupe Alphonse Allais, Jules Renard, Tristan Bernard, Lucien Guitry et Alfred Capus ! D’un calembours à un trait d’esprit, d’une invention à un verre d’absinthe, d’un club de sport aux coulisses d’un théâtre, on suit les aventures littéraires et la vie des 5 monstres sacrés de l’humour du début du siècle dernier, servis par 5 jeunes excellents comédiens. « Partir c’est mourir un peu, et mourir c’est partir beaucoup », disait Alphonse Allais… Eh bien les faire revivre c’est encore rire et trinquer avec eux, car « le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression ».

Le mensonge, surtout en amitié, c’est ce qui met du poivre dans le sel de l’existence.

« Et si on ne se mentait plus ? » raconte l’amitié de Lucien Guitry, Jules Renard, Tristan Bernard, Alfred Capus et Alphonse Allais. Au cours de déjeuners mémorables chez Lucien au 26 Place Vendôme, ces cinq stars de la Belle Epoque ne s’arrêtaient de sourire que pour rire aux éclats. Lors de ces moments fraternels les répliques fusent et le vin coule à flots. Pourtant, en Octobre 1901, ils font face à un tournant dans leur amitié : pendant que les uns doivent faire un choix entre la gloire et l’amitié, d’autres se demandent si, pour une femme, ils peuvent mentir à leurs amis. Et pour de l’argent ?

août 16

Une vie sur mesure - ****


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mise en scène :

lieu :

horaires : jusqu'au 01/09/2018, selon les dates 20h30, , Théâtre de la vallée de l'yerres (91)

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Des mots justes (sur une forme de handicap comme dit la société), des mots touchants, des mots rieurs, des mots musicaux… Allez enfants de la batterie, le jour de gloire est arrivé !

Loin d’être idiot ou attardé, Adrien Lepage est simplement… différent.

A mi-chemin entre Forest Gump et Billy Elliot, ce gamin surdoué, beau de naïveté, vit une passion défendue pour la batterie. Petit à petit, il lève le voile sur une histoire aussi drôle que bouleversante.
Il vous prend par la main et vous conte l’histoire de sa vie à travers son amour pour son instrument.
Une vie où rythmes et musiques se dégustent justement… avec démesure.
Une expérience scénique d’une puissance de partage et d’émotion exceptionnelle.

août 1

Légende d’une vie - ****


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horaires : jusqu'au 26/08/2018, 15h ou 18h30

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Montée en costume d’époque, dans une ambiance année 30, haute bourgeoisie, cette pièce nous plonge dans la thématique d' »être le fils d’un grand écrivain ». Un fils se bat contre l’image de son père – entre admiration d’un génie et haine d’un homme qu’il imagine ne jamais pouvoir égaler – pour enfin devenir lui même. Stephan Zweig livre ici une analyse de la complexité de l’âme humaine, de ses ambitions et de ses tourments, comme il en est passé maître. A voir assurément !

Une plongée dans la nature humaine et ses secrets ! L’une des rares pièces de théâtre de Stefan Zweig.

Un fils écrasé par la mémoire d’un père adulé de tous. Une employée rongée par le poids des mensonges.
En cette fin de journée, l’effervescence règne dans la maison des Franck pour la présentation publique de la première oeuvre poétique de Friedrich, fils du célèbre poète Karl Amadeus Franck, véritable légende portée aux nues par son épouse et sa biographe Clarissa von Wengen.
Écrasé sous le poids de cette figure paternelle, par cette gloire qui le réduit à néant, terrifié par le regard sans pitié des bourgeois et intellectuels de la haute société, Friedrich ne supporte plus de devoir suivre les traces de ce père vénéré de tous.
C’est alors que la vérité sur son père lui est enfin dévoilée : Karl Franck n’a jamais été ce grand homme que le monde connaît. La partie obscure et basse de son être a volontairement été cachée, et Clarissa manipulée pour y parvenir.
Le lourd passé de l’écrivain refait surface, anéantissant les non-dits et rétablissant la lumière sur les souvenirs épars d’un fils qui ne demande qu’à aimer à nouveau un père tout simplement humain.