février 13

Polyeucte - ***


« La vertu la plus ferme évite les hasards ;

Qui s’expose au péril veut bien trouver sa perte »

En Arménie, dans l’empire romain du IIIème siècle, Pauline, fille de Félix, gouverneur romain de la ville, a épousé Polyeucte croyant Sévère, son ancien fiancé mort à la guerre. Seulement, ce dernier revient trois jours après le mariage de Pauline, convaincu que celle-ci l’a attendu, et ravive par sa présence le feu de son amour qu’elle pensait éteint.

« Qui chérit son erreur ne la veut pas connaître. »

Heureux en ménage, et alors que les Chrétiens sont persécutés par l’empereur Decius, persuadé par son ami Néarque, Polyeucte décide de se convertir au christianisme, de rompre toute attache au monde matériel et de mourir en martyr au grand damne de tout son entourage et de Néarque lui-même.

« Je regarde sa faute, et ne vois plus son rang.

Quand le crime d’État se mêle au sacrilège,

Le sang ni l’amitié n’ont plus de privilège. »

Mais après un esclandre de Polyeucte et Néarque dans le temple romain de la ville, prêt à tout pour garder sa place de gouverneur, Félix fait exécuter Néarque et condamne à mort Polyeucte s’il ne renonce pas à sa nouvelle religion.

Dans une mise en scène contemporaine en costumes modernes, dynamique, crue et épurée (deux murs mobiles délimitent les lieux au gré des scènes), on assiste à un « dilemme cornélien » entre désirs charnels et passion religieuse, ambition et honneur, désirs d’excès et vertu. Déjà en 1641, Corneille tentait d’approcher le gouffre de l’extrémisme religieux dans cette tragédie où « quelques jeunes gens sont prêts à mourir et commettre des actes effrayant au nom de leur religion »…

Une pièce à l’angoissante résonnance dans l’ambiance actuelle !

Ecrit le 13 février 2016 dans les catégories À ne pas manquer !, Théâtre classique

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