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Danser à La Lughnasa - ****


Il a 70 ans et il se souvient. Eté 36, Mickaël a 7 ans, dans la campagne irlandaise, il vit avec sa mère et ses quatre tantes, ancrées dans le quotidien, qui ne rêvent que d’une chose : aller danser au bal de la fin de moisson. Il se souvient de ses tantes toujours joyeuses bien que toujours astreintes à leur devoir, de son père fantasque qui venait voir sa mère entre deux petits boulots, une fois l’an, de son oncle missionnaire revenu de l’Ouganda pour « trop grande tolérance envers les rites payens de la population locale » et qui perd la mémoire. Il se souvient ces jours où tout à commencer à basculer, poussés par la perspective de chomage, où la volonté de vivre est devenue plus forte que les habitudes.

Mickaël, c’est Philippe Nahon. Il nous fait vivre dans ses souvenirs, nous conte de sa voix grave cette histoire, redevenu enfant le temps de quelques instants, il parle à sa mère et à ses tantes toujours en dehors de leur champs de vision, déployant tout un imaginaire poétique.

Claire Nebout donne à l’ainée des sœurs, institutrice, une sorte de rigidité, pour ce personnage tentant de garder la maison en ordre, de limiter les dépenses, quitte à générer des frustrations à toutes ses soeurs.

Lou de Laâge apporte quant à elle une part de naïveté et timidité à cette « fille mère » du narrateur. Enfin, Florence Thomassin, apporte au personnage de Maggie, toute l’humanité à cette tante, paysanne qui dit ce qu’elle pense, et qui veut toujours faire rire Mickaël.

Le tout sur une très belle mise en scène de Didier Long, décor tout en objets, sans cloison, prenant place dans les murs naturel du théâtre de l’Atelier qui convient à merveille pour une maison de campagne.

Ecrit le 17 octobre 2015 dans les catégories À ne pas manquer !, Théâtre contemporain

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