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Charlotte - ****


Portrait émouvant d’une jeune fille juive allemande qui peignit le premier roman graphique, alors qu’elle n’avait qu’une vingtaine d’années, pour chasser ses démons : les suicides de la sœur de sa mère puis de sa mère, la montée du régime nazi et la guerre. Scénographie émaillé de peintures et de musique et comédiens justes et émouvant. A voir absolument !

Portrait d’une jeunesse assassinée

Charlotte Salomon a vingt ans en 1937. Elle tombe amoureuse pour la première fois, découvre les voyages, se passionne pour la peinture. Elle fait preuve d’une vraie capacité à se retirer du monde pour mieux l’observer. Quand les ténèbres approchent, elle tente de ne pas sombrer en créant « quelque chose de fou et singulier ». Réfugiée dans le sud de la France, elle peint en un an près de mille scènes accompagnées de textes, pour décrire ce qu’elle a vu, aimé, subi. Mais la jeune Juive est dénoncée. Avant d’être déportée à Auschwitz, elle confie son oeuvre à son médecin : « Prenez-en soin, c’est toute ma vie. »

D’après une idée du comédien Yves Heck, Muriel Coulin s’inspire de la vie de Charlotte Salomon, de ses textes, peintures et ébauches, et du roman Charlotte de David Foenkinos, prix Renaudot et Goncourt des lycéens 2014. Sur scène, les dessins esquissés, la menace qui plane, la fin des libertés. Muriel Coulin interroge aussi le processus de la création. « Quels moments garde-t-on quand on dessine sa vie ? » Documentariste et réalisatrice de portraits de femmes, dont 17 filles ou Voir du pays, coréalisés avec sa soeur Delphine et primés au Festival de Cannes, Muriel Coulin associe archives, témoignages, documents et dialogues pour faire le portrait vivant d’une jeunesse assassinée.

Ecrit le 10 janvier 2019 dans les catégories À ne pas manquer !, Théâtre contemporain, Théâtre musical

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