décembre 4

Umwelt - ***


À mi-scène, des miroirs disposés en quinconce, et agités par de puissances ventilateurs, laissent passer les danseurs comme les arbres dans une futaie. Au bord de la scène : trois guitares électriques sur lesquelles passe un fil, fournissent un fond sonore obsédant et mécanique.

Composé de très courtes séquences de vie (un ouvrier ajustant sa salopette, une femme ajustant sa robe, un homme enfilant son costume, un couple s’embrassant, un roi lisant le journal, un homme déplaçant une plante, une personne nettoyant le sol…) exécutées en parallèle par plusieurs danseurs et danseuses débouchant entre les miroirs, ce spectacle nous projette dans une composition mathématique répétitive et aléatoire de l’humanité : si le nombre, le sexe et l’emplacement des protagonistes fluctuent, les séquences se répètent avec de légères variations. Parfois, interrompant le rythme des apparitions et rappelant que chaque être pris dans la masse humaine possède bien sa propre individualité, un danseur sort d’entre les miroirs et regarde droit devant lui, résigné à continuer…

Et l’on ne pourra pas s’empêcher de penser à l’ancrage dans le quotidien, aux nombreuses personnes effectuant simultanément la même chose au même moment à travers le monde, à la répétition cyclique des actes quotidiens (déplacer un sac, se regarder dans la glace…) mais aussi aux changements et révolutions (un roi nettoyant le sol). Un grand coup de chapeau aux danseuses et danseurs pour cette performance !

Ecrit le 4 décembre 2015 dans les catégories À ne pas manquer !, Danse

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *