novembre 20

Pyrénées ou Le Voyage de l’été 1843 - ****


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mise en scène :

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horaires : jusqu'au 08/01/2017, 16h ou 18h30

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Eté 1843. Victor Hugo a 41 ans et comme tous les ans, il voyage. Cette année-là, il part soigner ses rhumatismes dans les Thermes de Cauterets dans les Pyrénées. C’est l’occasion pour lui d’effectuer un périple qui le mènera jusqu’en Espagne. Mais c’est aussi l’occasion, Hugo oblige, d’écrire un carnet de voyage.

« Vous qui ne voyagez jamais autrement que par l’es¬prit, allant de livre en livre, de pensée en pensée, et jamais de pays en pays, vous qui passez, tous vos étés à l’ombre des mêmes arbres et tous vos hivers au coin de la même cheminée, vous voulez, dès que je quitte Paris, que je vous dise, moi vagabond, à vous solitaire, tout ce que j’ai fait et tout ce que j’ai vu. Soit. J’obéis. »

« Ce que j’ai fait depuis avant-hier 18 juillet? Cent cinq lieues en trente-six heures. Ce que j’ai vu? J’ai vu Étampes, Orléans, Blois, Tours, Poitiers et Angoulême.

En voulez-vous davantage? Vous faut-il des descriptions? Voulez-vous savoir ce que c’est que ces villes, sous quels aspects elles me sont apparues, quel butin d’histoire, d’art et de poésie j’y ai recueilli chemin faisant, tout ce que j’ai vu enfin? Soit. J’obéis encore.

Élampes, c’est une grosse tour entrevue à droite dans le crépuscule au-dessus des toits d’une longue rue […] Orléans, c’est une chandelle sur une table ronde dans une salle basse où une fille pâle vous sert un bouillon maigre. Blois, c’est un pont à gauche avec un obélisque pompadour […] Tours, c’est encore un pont, une grande rue large, et un cadran qui marque neuf heures du matin. Poitiers, c’est une soupe grasse, un canard aux navets, une matelote d’anguilles, un poulet rôti, une sole frite, des haricots verts, une salade et des fraises. Angoulême, c’est une lanterne éclairée au gaz avec une muraille portant cette inscription: CAFE DE LA MARINE […]

Voilà ce que c’est que la France quand on la voit en malle-poste. Que sera-ce lorsqu’on la verra en chemin de fer ? »

Dans un langage châtié, précis, spontané et empli d’un humour caustique, il nous emporte dans ses pérégrinations, ses promenades à pied ou à cheval, ses souvenirs d’enfance et son émerveillement pour la nature.

« Je suis en Espagne. J’y ai un pied du moins. Ceci est un pays de poètes et de contrebandiers. La nature est magnifique ; sauvage comme il la faut aux rêveurs, âpre comme il la faut aux voleurs. Une montagne au milieu de la mer. La trace des bombes sur toutes les maisons, la trace des tempêtes sur tous les rochers, la trace des puces sur toutes les chemises ; voilà Saint-Sébastien. ».

Quelques lettres à sa femme, à Léopoldine et à ses enfants ou à son éditeur viennent compléter le panel de son récit journalier.

Seul en scène, Julien Rochefort, redingote, diction parfaite, dandy voyageur, incarne Hugo. Il manie avec intelligence et délicatesse, les mots du Maître, son humour et ses impressions. Dans le jeu de lumière subtile de la mise en scène de Sylvie Blotnikas (également adaptatrice du texte), on verrait presque les paysages apparaitre et les impressions d’Hugo nous envahir pour un moment de gaieté dont seule l’issue nous rappelle à la dure réalité de la vie.

Une adaptation grandiose et magistralement interprétée !

Ecrit le 20 novembre 2016 dans les catégories À ne pas manquer !, Seul(e) en scène, Théâtre contemporain

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