octobre 6

Alba - ***


Décor noir, vêtements noirs, foulards noirs, cinq corps allongés. Espagne franquiste, croix. Ça pourrait commencer comme dans une scène de Pina Bausch, fanfare sourde, corps qui se lèvent et retombent, la mort d’un père, mari de Bernarda Alba. La servante annonce : un deuil de huit ans, enfermées, pour cinq filles encore jeunes n’aspirant qu’au bonheur. Plus question de batifoler, ni de se divertir, place à l’isolement.

Commence alors un ballet de rivalités entre les sœurs pour conquérir l’homme promis à l’une d’entre elle .Des rêves de liberté, des désirs, des frustrations, la révolte de la plus jeune face à cette oppression de leur mère, étriquée dans les « traditions », qui rode comme un cerbère pour veiller à leur bonne conduite et la servante qui tente d’éviter le malheur qui ne pourra qu’arriver.

Très belle chorégraphie d’Yves Marc (qui joue également Bernarda Alba), nul besoin de parole pour cette dénonciation de l’Espagne franquiste, catholique, tyrannique et misogyne des années trente : l’expression des corps et des gestes suffit à donner toute sa puissance à ce drame, qu’on ne trouve peut-être pas autant dans la pièce d’origine.

Ecrit le 6 octobre 2015 dans les catégories Danse

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