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Le Roi Lear avec Michel Aumont - ***


Fin des années vingt, le roi Lear, figuré ici en riche producteur de cinéma, veut céder son empire à ses trois filles, en leur demandant simplement de lui déclarer leur amour paternel. Si les deux premières lui déclarent un amour fin et intéressé, Cordélia, elle, lui donne un amour sincère de fille mais dénué d’emphase. Blessé dans son orgueil Lear la déshérite et banni le comte Kent qui a pris sa défense. Lear décide alors de vivre un mois chez chacune de ses deux autres filles, qui n’auront de cesse de l’isoler, réduire sa garde avant de le chasser définitivement. Et quand Cordélia, partie avec le duc de Bourgogne qui accepte de l’épouser sans fortune, revient de France, il est trop tard la déchéance du roi Lear est consommée…

Sur une très belle mise en scène de « théâtre dans le théâtre », dans le décor nu de la scène des panneaux isolés, où l’on voit inscrit sur certains « cour » et « jardin », se déplacent, se retournent, de biais, dans un manège au gré des scènes. La machinerie complète le décor à merveille.

Michel Aumont y incarne un roi Lear digne et désabusé, émouvant par une sorte de calme relatif, mais retirant une partie de la noirceur originale, donnant de toute sa voix de bronze, une force à la colère froide du roi Lear face à l’ingratitude de ses filles et sa lente progression vers la folie.

Jean-Paul Farré, donne toute l’émotion et la justesse au comte de Gloucester dupe au départ du complot que trame l’un de ses fils, Edmont, contre l’autre, Edgard. Chassant ce dernier qui finira par le sauver, devenu aveugle par la traitrise d’Edmont. Subissant la déchéance commandée par son propre fils, il fait une sorte d’écho au roi Lear.

Bruno Abraham-Kremer incarne un comte de Kent, vêtu en sorte d’aviateur, prêt à tout, par vent et marées, à défendre son ancien ami Lear sous le déguisement de son serviteur.

On notera aussi la présence de Marianne Basler en fille indigne et du fou, Denis d’Archangelo, déguisé en sorte de Pierrot lunaire, en culotte courte et chapeau à hélice.

Ecrit le 18 septembre 2015 dans les catégories À ne pas manquer !, Théâtre classique, Théâtre contemporain

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