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Dialogues d’exilés - ****


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horaires : jusqu'au 26/03/2016, 21h

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Trois musiciens-pantomimes (maniant clavier, contrebasse, cymbales, tambour ou guitare), deux comédiens en pantalon à bretelles, un grand rideau rouge à paillettes, des fûts et une tireuse à bière, une estrade, une plaque de parquet et des morceaux de livres déchirés qui jonchent le sol sont tous les éléments de l’écosystème de ces « dialogues d’exilés ». Exilés de l’Allemagne nazie, exilés par la montée du pouvoir de « Comment s’appelle-t-il donc au juste ? ».

Dans une gare incertaine, deux personnages, Ziffel et Kalle en transit vers un exil, se rencontrent et dissertent, entre autres sujets, de l’idéalisme politique et social, de l’amitié et de la camaraderie, du besoin de civisme, d’ordre et d’éducation dans la société et de la montée des courants politiques tels le communisme ou le fascisme.

Ziffel (Olivier Mellor) est un physicien et intellectuel fier de son savoir mais qui se considère comme insignifiant en tant qu’intellectuel dans ce monde d’action et de pouvoir qu’est celui de la Seconde Guerre mondiale.

Kalle (Stephen Szekely) est, quant à lui, un ouvrier autodidacte qui a expérimenté toutes les formes de luttes sociales de son temps, ce qui lui a valu un passage par un camp dont il s’est miraculeusement évadé.

« Le passeport est la partie la plus noble de l’homme. D’ailleurs, un passeport ne se fabrique pas aussi simplement qu’un homme. On peut faire un homme n’importe où, le plus étourdiment du monde et sans motif raisonnable ; un passeport, jamais. Aussi reconnaît-on la valeur d’un bon passeport, tandis que la valeur d’un homme, si grande soit-elle, n’est pas forcément reconnue. »

A travers un dialogue à la fois satirique et dialectique (un vrai exercice de style et d’intelligence longuement retravaillé par Brecht tout au long de sa vie), nos deux personnages dissèquent leur monde « de guerre » et ses élites, les jugent, en plaisantent et formulent des sentences en forme de maximes populaires dans lequel le rire éclaire l’idée plus profonde qu’elles cachent.

« L’Homme est bon, mais le veau est meilleur »

Par une mise en scène façon cabaret ou « brèves de comptoir », Olivier Mellor accentue la volonté de Brecht : « faire réfléchir en se divertissant ». Ainsi, il intercale dans le texte d’origine, pour passer d’un sujet à un autre, des chansons – réorchestrées en jazz-rock-funk par nos trois musiciens – de Léo Ferré, Bernard Dimey, Jean Yanne, Raoul de Godewarsvelde ou du duo Brecht/Weil.

Une grande réussite d’intelligence et de divertissement !